Depuis une agression, des familles ont quitté le camp, d'autres n'ont pas pu. P.MAGNIEN / 20 MINUTES
société Alors qu'une concertation a lieu sur l'avenir du quartier, le camp nomade vit dans l'urgence
Le contraste est saisissant. Dans le show-room d'Euroméditerranée aux docks de la Joliette, une sémillante hôtesse, de grandes maquettes et un petit questionnaire invitent les Marseillais a donné leur avis. La concertation publique sur le projet d'aménagement de la porte d'Aix (3e), où un grand jardin doit être créé, n'a pas encore attiré les foules. Mais les maigres avis sont partagés. Beaucoup réclament justement des «bancs», des «espaces verts», des «fontaines» ou des «poubelles». D'autres veulent «des cafés qui ne soient pas hallal», une «population normale» et pas «de clochards». «Juste l'arc de triomphe, éclairé le soir et pas de gens autour», résume un sondé.
Motion d'urgence
Le 16janvier, le camp de Roms installé depuis plusieurs mois à la porte d'Aix a subi l'attaque d'un commando. Une vingtaine d'individus ont frappé des campeurs devant leurs enfants, et incendié des tentes. L'enquête de police, qui soupçonné des jeunes du quartier, n'a rien donné. Depuis, la peur d'une nouvelle agression règne. «La nuit, on ne dort pas», rapporte une fillette de 12 ans. Elle et sa famille squattaient, avant l'agression, un immeuble désaffecté du quartier de l'opéra. Avant d'en être délogés par décision municipale, et de retourner porte d'Aix. Là-bas, quelques associations assurent des maraudes auprès des campeurs, distribuent des couvertures, apportent des soins. Rien de plus. «Si les choses avaient changé, ça se saurait», note Philippe Rodier, de Médecins du monde. Guy Tessier (UMP), président d'Euroméditerranée, estimait récemment que «pour les Roms, il faut appliquer la loi». Le conseil régional, situé à deux pas du camp, avait voté le 22octobre une motion «pour l'hébergement d'urgence» des Roms. «Ce n'est pas si simple, reconnaît aujourd'hui Gaëlle Lenfant, vice-présidente (PS) déléguée aux solidarités. Cela prend trop de temps». La région pourrait donner son feu vert, lors d'une assemblée plénière en février, au financement d'un projet porté par l'association Ampil : un hangar avec une dizaine de mobile-homes pour accueillir des familles. Le 30mars, un colloque sur la population Rom devrait avoir lieu à la Région. Objectif : «déniaiser les élus pour essayer d'accoucher d'une vraie politique d'accueil», indique Philippe Rodier.
see more montre marque at replique de montres de luxe
No comments:
Post a Comment