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Thursday, May 5, 2011

International - En Tunisie, les médias s'émancipent

En Tunisie, plus que dans les autres pays du Maghreb, le verrouillage de l'information était total. Clientélisme et népotisme obligent, la plupart des médias privés appartiennent à des proches de l'ancien régime.

En Tunisie, plus que dans les autres pays du Maghreb, le verrouillage de l'information était total. Clientélisme et népotisme obligent, la plupart des médias privés appartiennent à des proches de l'ancien régime.
Crédits photo : HALEY/SIPA/SIPA

à l'approche des élections du 24?juillet, les journalistes ont basculé de l'euphorie au désarroi. Il faut tout apprendre.?

Envoyée spéciale à Tunis
Raoudha Tahar a longtemps été la Claire Chazal de la première cha?ne de télévision publique tunisienne. Elle conna?t tous les rouages d'un ?système?? qu'elle qualifie sans hésitation de ?pourri??. Chaque jour, raconte Raoudha, ?nous devions consacrer la moitié environ du JT de 20?heures aux activités officielles du président et de son épouse Leila. à vrai dire, ces trois dernières années, ce timing avait un peu changé?: Monsieur n'avait droit qu'à dix minutes contre quinze minutes pour Madame.?
Impitoyable cahier des charges imposé à la quasi-totalité des médias tunisiens jusqu'au 14?janvier dernier, c'est-à-dire jusqu'à la fuite du ?tyran?. Zine el-Abidine Ben Ali a laissé derrière lui un champ de ruines médiatiques et à l'approche d'une échéance cruciale - l'élection, le 24?juillet, d'une Assemblée constituante qui décidera de l'avenir de la Tunisie -, les journalistes ont basculé de l'euphorie au désarroi. Faute de traditions démocratiques, ce scrutin représentera un défi sans précédent pour la petite Tunisie devenue un laboratoire du monde arabe.
Raoudha ne se fait pas prier pour reconna?tre que, jusqu'à ce 14?janvier fatidique, les journalistes ?faisaient tout sauf du journalisme et que la grande majorité d'entre eux s'étaient engagés corps et ame dans la machine de propagande?. Sa consœur Lilia Mezni ne mache pas non plus ses mots pour déplorer que ?ceux qui s'entre-tuaient jadis pour obtenir les faveurs du président et de Madame sont aujourd'hui leurs plus farouches détracteurs?.
Ex-rédacteur en chef de La Presse, le plus grand quotidien francophone du pays, Foued Allani n'est pas du genre à retourner sa veste. Il en a payé le prix. Le 17?janvier, un comité de salut public élu par la rédaction lui a symboliquement coupé la tête. Depuis, Foued a fait son mea culpa - ?Nous étions les acteurs d'une pièce de théatre? - et préfère penser qu'au fond, les journalistes étaient des victimes. ?Ben Ali nous méprisait. Il avait poussé le cynisme jusqu'à se faire décerner la Plume d'or par notre Association.? Foued dirige à présent le service international de La Presse. Un placard doré. Il estime que maintenant, ?on parle trop, on dit n'importe quoi??. Il rêve aussi de critiquer tout haut ?le diktat de la révolution?, mais laisse entendre qu'on le lui interdit et que de toute fa?on, il n'a plus ?le cœur à écrire?.

Une véritable catharsis?

Complices bon gré mal gré de l'ancien régime, les journalistes tunisiens se livrent à une véritable catharsis, explique le politologue Larbi Chouikha. ?La parole s'est libérée? et du même coup ?nous sommes passés de pas d'infos à trop d'infos et de la langue de bois à la critique tous azimuts?. Larbi codirige l'Autorité publique de réglementation des médias, une toute nouvelle instance destinée à réformer le secteur, gravement sinistré, de l'information et de la communication. Les dégats sont considérables. En Tunisie, plus que dans les autres pays du Maghreb, le verrouillage était total. Internet et les réseaux sociaux représentaient le seul espace d'expression. Le pays compterait 3,6?millions d'internautes. Sur 10?millions d'habitants, c'est beaucoup. La ?révolution du jasmin? est née sur Facebook et à l'approche du scrutin, télévisions et presse écrite ambitionnent de prendre le relais.
Honni, le ministère de la Communication a été dissous, mais jusqu'ici aucune structure publique n'a comblé le vide. L'instance dont fait partie Larbi Chouikha est provisoire et doit plancher sur des réformes. ?L'une de nos missions consistera à réhabiliter la notion de service public, dévoyée par l'ancien régime.?
Depuis le 14?janvier, Rouidha et Lila en sont à leur troisième PDG. La rédaction a organisé un sit-in pour exiger une nouvelle ligne éditoriale. ?Mais à quoi bon, remarquent les deux femmes, puisque nous ne ma?trisons pas les techniques du débat politique. Au lieu de poser des questions à un homme politique, nous l'apostrophons. Ou bien, c'est encore pire, le débat se transforme en tribune…?
Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, reconna?t que ?la situation est un peu anarchique?, mais que ?c'est inévitable dans un processus révolutionnaire?. Les élections auront lieu dans trois mois. Un délai bien court. Inconnus jusqu'ici en Tunisie, les sondages politiques viennent de faire leur apparition. Mais le plus important, selon Ben Jaafar, sera d'assurer à toutes les formations politiques un accès égal aux médias. Ce qui nécessitera sans doute ?un sérieux coup de balai?. Clientélisme et népotisme obligent, la plupart des médias privés appartiennent à des proches de l'ancien régime, dont deux des locomotives de l'audiovisuel?: Hannibal TV et Nesma TV.
Les deux cha?nes de la télévision publique peinent à leur faire de l'ombre. ?Spoliée?, selon Rouidha, par les Trabelsi - la famille de Leila Ben Ali -, elle accuse un trou budgétaire de 26?millions de dinars. ?Près de 80?% des émissions que nous diffusions étaient produits par la société Cactus, qui appartenait à Belhassen Trabelsi, le frère a?né de Leila. Nous n'avons plus rien pour les remplacer. Nous meublons avec de vieux documentaires.?
Les journalistes tunisiens sont dans l'expectative. Comment éviter les pièges?? Le RCD, l'ancien parti au pouvoir, a été dissous, mais ses réseaux sont toujours actifs, note Foued Allani. L'ancienne nomenklatura risque de ?brouiller les cartes??, ajoute Mustapha Ben Jaafar. Une cinquantaine de partis politiques seront en lice, ?dont un certain nombre de petites formations artificielles téléguidées?? par l'ex-RCD. ?Nous tatonnons, nous improvisons??, admet sans peine Rouidha. Larbi Chouikha ne cache pas davantage sa perplexité. ?Je consulte le site du CSA. Et, comme tout le monde en Tunisie, je suis inquiet, mais condamné à l'optimisme.?

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